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Créer un assistant d’édition vidéo avec Claude dans DaVinci Resolve

Youssef ELMIZEB · fondateur de tekfold.com · mis à jour le 26 octobre 2026

Tu passes plus de temps à faire des montages répétitifs qu’à raconter quelque chose : créer des séquences à partir de rushes, renommer les plans, appliquer un même étalonnage, découper aux bons endroits, exporter les bons extractions. L’idée d’un assistant IA qui travaillerait directement dans DaVinci Resolve est séduisante, mais elle prête à confusion : Claude ne « s’installe » pas dans Resolve comme un plugin. Il faut construire un pont entre le modèle et le logiciel, et c’est ce pont qui détermine tout le reste.

Ce qu’un assistant peut vraiment faire dans Resolve

Resolve expose une API de scripting (Python et Lua) qui permet de piloter des fonctions précises : créer des projets, ajouter des médias dans la timeline, positionner et tronquer des clips, appliquer des effets et des préréglages, lire les métadonnées, lancer des rendus. Un modèle de langage, lui, ne fait que produire du texte : des appels d’API structurés, du code, ou des instructions. Le lien entre les deux est un serveur MCP (Model Context Protocol), c’est-à-dire un traducteur qui expose les fonctions de Resolve comme des « outils » que l’assistant peut appeler.

Attention à une confusion fréquente : dans de nombreux tutoriels, on lit « MCP = Media Creation Platform ». Non. MCP est le protocole de communication entre un agent IA et des outils externes ; il n’a rien à voir avec un module proprietary de Resolve.

Les trois architectures possibles, et leurs compromis

Approche Comment ça marche Points forts Limites
Serveur MCP pour Resolve Un petit processus local expose les fonctions de scripting de Resolve à Claude Code ou à un client MCP Interaction conversationnelle, idéal pour explorer, manipuler, itérer vite Dépend des fonctions effectivement exposées ; tout ce qui n’est pas bridgé reste inaccessible
Scripts Python/Lua exécutés par l’assistant Claude écrit un script, tu l’exécutes dans la console de scripting de Resolve Contrôle total, reproductible, idéal pour les tâches en lot Moins fluide : aller-retour éditeur/logiciel à chaque essai
Macros et préréglages préparés à l’avance L’IA ne fait qu’orchestrer des opérations déjà construites par un humain Fiable, facile à maintenir, aucune surprise sur le rendu Peu de flexibilité pour un cas nouveau

En pratique, la combinaison qui fonctionne le mieux est un serveur MCP pour la phase exploratoire (« place ce plan à la suite, coupe au point d’entrée de la voix ») et des scripts pour les opérations massives et répétitives.

Installation et configuration du pont

Le principe est le même quel que soit le client utilisé : tu clones un serveur MCP compatible Resolve, tu lances Resolve (le serveur a besoin que le logiciel soit ouvert pour joindre son instance locale), puis tu déclares le serveur dans la configuration de ton assistant. Voici à quoi ressemble cette déclaration, ici pour un client type Claude Code avec un fichier .mcp.json à la racine de ton projet :

{
  "mcpServers": {
    "davinci-resolve": {
      "command": "python3",
      "args": ["/chemin/vers/resolve-mcp/server.py"],
      "env": {
        "RESOLVE_SCRIPT_API": "1",
        "RESOLVE_SCRIPT_LIB": "/opt/resolve/Developer/Scripting/Modules"
      }
    }
  }
}

Deux points d’attention classiques : les chemins de la bibliothèque de scripting diffèrent selon les systèmes, et l’option d’API de scripting doit être activée dans les préférences de Resolve (Configuration → Système → Général). Si le serveur ne se connecte pas, c’est presque toujours l’une de ces deux causes, avant de soupçonner le modèle.

Workflow concret d’une première passe de montage

Une fois le pont opérationnel, voici la séquence qui donne les meilleurs résultats, dans cet ordre :

  1. Prépare le projet hors IA. Crée le projet, vérifie que les rushes sont bien dans la médiathèque, renomme tes bin de façon cohérente. Une structure propre en entrée, c’est la moitié du travail.
  2. Fournis le script et les intentions. Donne le texte brut (ou un lien vers la fiche résumeur de texte si ton script fait plusieurs pages) et précise le format visé : durée cible, rythme, plans interdits.
  3. Demande une première passe sur la structure. Commence par le squelette : ordre des séquences, points de coupe, plans de coupe. Vérifie avant de laisser l’assistant toucher aux détails.
  4. Passe aux opérations denses. Renommage, étalonnage d’un préréglage commun, normalisation audio : là, écrit un script une fois et exécute-le sur toute la timeline.
  5. Fais relire par un humain. L’assistant ne regarde pas l’image : il travaille sur des noms de fichiers, des timecodes et du texte. Le montage final reste une décision visuelle.

Les pièges qui font perdre une soirée

  • Demander l’impossible. Aucun assistant ne « choisit le meilleur plan » : il n’a pas accès à l’image. Formule des règles opérationnelles (durée, présence d’une voix hors champ, métadonnées) et non des jugements esthétiques.
  • Travailler sur le seul fichier de projet sans sauvegarde. Une consigne ambiguë peut produire une séquence de 200 clips mal nommés. Duplique le projet avant chaque gros appel.
  • Oublier la reproductibilité. Garde les prompts et les scripts utilisés dans le dépôt du projet : dans six mois, c’est ce qui te permettra de refaire exactement la même passe sur une nouvelle vidéo.
  • Sous-estimer le nettoyage des rushes. L’IA accélère la construction, pas la qualité du fichier source : une vidéo tournée avec un son saturé ne sera pas sauvée par un meilleur prompt.

Questions fréquentes

Faut-il une version payante de Resolve pour ça ? L’API de scripting existe sur la version gratuite comme sur Studio, mais certaines fonctions d’export et d’accélération dépendent de Studio. Vérifie la disponibilité de la fonction avant de structurer ton workflow autour.

Claude peut-il modifier ma timeline sans que je m’en aperçoive ? Chaque appel passe par un outil explicite que tu peux valider. Configure ton client pour confirmer les actions d’écriture, surtout au début : c’est la règle qui évite le plus de mauvaises surprises.

Le serveur MCP fonctionne-t-il avec un autre assistant ? Oui, MCP est un protocole ouvert : tout client compatible (Claude Code, d’autres agents) peut s’y connecter. Le serveur est la pièce maîtresse, pas le choix du modèle.

Est-ce que ça vaut le coup pour une seule vidéo ? Pour un montage unique et court, la mise en place coûtera plus de temps que ce qu’elle te fera gagner. C’est un investissement qui se rentabilise à partir de plusieurs vidéos ou de tâches très répétitives.

Un assistant dans Resolve ne remplace pas le montage : il supprime la mécanique répétitive qui l’entoure. Commence par un pont minimal, une seule tâche chronométrée, et étends seulement quand le gain est mesuré.

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